La Marche de l'eau - Etape 9 : Dans les steppes mongoles

Ulan-Baatar. Une ville un peu hors norme. Imaginez une capitale sans agglomération. Un centre-ville qui s’étend sur des quartiers de yourtes, puis : plus rien. Une route s’en va, perdue dans la steppe. Dans cette ville, nous nous sentons bien car nos deux semaines passées là-bas auront été synonyme de rencontres et d’amitiés nouvelles.

 

 

Une adoption imprévue

Nous repartons sur les routes avec nos chaussures de marche. Fini le vélo, nous retrouvons le doux rythme de la randonnée. Mais après 2500 km de vélo, la reprise est dure pour le dos, d’autant que nous sommes chargés à bloc : 4 à 5 jours d’autonomie de nourriture et plus de 8 L d’eau. Nous marchons le dos courbé en trainant des pieds.
À la fin du deuxième jour, c’est une évidence pour nous deux : nous n’y arriverons pas comme ça. Nous partons dans l’idée folle de prendre un caddy aperçu dans un fossé à quelques 10 km de là. La famille mongole qui nous hébergera ce soir là rigole, mais comprend vite que l’on ne plaisante pas lorsque Nicolas se lève pour partir à sa recherche, équipé de sa deel1 et de son bâton de marche. Un homme du restaurant le rattrape. Il l’emmènera jusqu’à Ulan-Baatar, grâce à un des nombreux vans-taxis qui circulent dans la région, pour lui faire dénicher une petite carriole dans un des marchés noirs de la ville. Juste ce qu’il nous fallait. Nous n’allons plus porter, mais tracter !
Le lendemain, c’est accompagné d’éclats de rire que nous partons. On nous regardait déjà bizarrement …

 

 

Dans les steppes : on n’est jamais perdu !

Nous avançons de bon train avec notre nouvelle carriole. On s’y attache très vite. Les journées de marche sont très agréables et comme au Népal, nous nous évadons dans nos pensées : la fin du voyage qui approche, le retour, le prochain voyage. On a de quoi s’occuper !
Nos soirées sont tout aussi agréables. Tous les soirs, nous sommes sous la tente : que ce soit la yourte ou notre petite « 2 places ». Nous avons parfois un peu de mal à trouver la « bonne » piste à suivre mais, dans les steppes, on n’est jamais vraiment perdu. Il y a toujours une yourte en vue, où un nomade pourra nous dire, à l’aide de son bras, le cap à suivre.

 

 

Nous commençons même à y avoir quelques habitudes : nous mangeons le soir avec nos hôtes et le matin nous leur faisons partager notre petit-déjeuner, ils nous aident à mettre nos deels1 quand ils voient à quel point nous sommes empotés, et nous échangeons des bonjours amicaux aux véhicules qui passent de temps à autre sur la piste ; notamment à ces cinq camions de chantier que nous croisons et recroisons jour après jour et avec les chauffeurs auprès desquels nous sentons qu’un respect mutuel s’installe. Nous, avançant lentement dans des paysages figés à allure d’homme et eux, faisant des allers-retours incessants entre la capitale et la mine qui les emploie, libérant d’énormes nuages de poussière à chaque passage.

 

 

Extrait du forum : « Et oui, c'est dur la marche à pied tout le temps !!
Marcher toute la journée je ne pourrais JAMAIS !!!
Et toute cette gadoue partout, des pierres instables !!
L'enfer quoi !
Bon à plus et bonne chance !!
Presque au bout (enfin presque...) »
Jeffeurtitiboss


 

La mine, le point noir de la Mongolie. Les activités minières surexploitent les cours d’eau d’un côté et les polluent de l’autre. Beaucoup d’associations luttent contre leurs activités qui ravagent le pays. Elles se sont même réunies autour d’un seul mouvement associatif qui a ainsi un plus grand impact au niveau national et sur le plan politique : the united movment of mongolian rivers and lakes (UMMRL)2. Mais leur travail n’est pas facile car déjà 55 % du territoire est soumis à une licence d’exploitation minière. La bataille a donc lieu au niveau politique : pour lutter contre chacune des ouvertures.

 

 

1 les deels sont les manteaux traditionnels mongols
2 Mouvement uni pour les rivières et lacs mongols

Poursuite de lecture

Haut de page