La Marche de l'eau - Etape 5 : Chengdu, une mégapole grandissante
Depuis notre entrée en Chine, nous sommes passés des hauts plateaux tibétains désertiques aux rues bondées de la mégapole de Chengdu. Contraste fulgurant d’une Chine qui évolue très vite et à deux vitesses : des campagnes à la traîne et des villes à la pointe, n’ayant rien à envier à Paris ou même New York.
Un besoin énergétique croissant
Face à l’explosion démographique, la Chine a besoin d’énergie. L’une de ses politiques énergétiques : les barrages hydroélectriques. Avant notre entrée dans Chengdu, nous avons suivi pendant près de 400 km le cours de la rivière Dadu. Nous y découvrons une succession de barrages, où l’on n’hésite pas à dynamiter la montagne par endroits et à la bétonner à d’autres. Un calme plat règne sur la route et dans les villes que nous traversons : la montée des eaux due aux barrages noie complètement les villages pleins de vie et les terrasses agricoles fertiles des fonds de vallée. Aujourd’hui, on ne voit plus que des lacs coincés entre deux flans de montagne où s’encastre une route déserte reliant les villes-chantiers sans histoire. 24 décembre, nous passons un Noël morose à Hanuyan, une de ces villes-chantiers où bulldozers et grues s’affairent jour et nuit à reconstruire la ville. Hanuyan « la vieille » a été submergée en 6 mois par la montée des eaux.
Ces barrages et les chantiers qu’ils occasionnent ne font pas peur à la Chine, bien que leur construction soit parfois très controversée. Le barrage des Trois-Gorges a ainsi été construit malgré les réticences de nombreux experts, en déplaçant près de 1,8 million de personnes et engloutissant 600 km2 de terres (dont environ 28753 hectares de terres agricoles), 15 villes1, 4500 villages et hameaux, 800 sites touristiques et archéologiques2 et amenant un bilan écologique plus que négatif.
Le besoin énergétique et le développement économique sont plus forts.
L'eau des grandes mégalopoles
Notre retour à Chengdu se fait au terme d’une journée interminable de 50 km et 14 h 30 de marche. Avec nos 20 et 30 kg sur le dos, c’est trop. Nous atteignons l’hôtel à plus de 23 h. Notre soulagement efface les pleures et crises de nerfs qui ont marqués les 20 derniers kilomètres passés dans un espace urbain aux avenues droites interminables parsemées de buildings -seule distraction de la route à cette heure. Quelques jours plus tard, nous rencontrons Wang Ling Zhen dans un grand immeuble de la ville, où se situe le siège de CURA (Chengdu Urban Rivers Associations). Association dynamique, CURA s’est lancée il y a quelques années dans un projet de village écologique à 30 km de Chengdu. Le but : renouer avec l’agriculture peu à peu délaissée pour son faible profit et sa pollution des eaux. À An-long, les toilettes sont sèches, les intrants ont été remplacés par un compost, l’eau est assainie grâce à des bassins de décantation, le gaz est un biogaz issu de la fermentation de matières organiques produites sur place, etc. Véritable vitrine de « l’écofarming », l’association espère par ce projet promouvoir son système de fonctionnement auprès des autres agriculteurs de la région et des politiques.
Moins de pollution des eaux par l’agriculture : un grand défi pour Chengdu et son agglomération qui doivent faire face aux problèmes de qualité et de quantité de la ressource. Aujourd’hui, la ville accueille plus de personnes que la ressource en eau ne peut le supporter. Les infrastructures routières prennent le pas sur les rivières qui sont souvent recouvertes pour créer une nouvelle autoroute.
Peu à peu, la ville prend conscience de ces problèmes et tente de se lancer dans un Chengdu plus vert et proche de ses campagnes. Un projet lancé sur la place publique par ses politiques il y a un peu plus de 6 mois mais qui devra faire face à l’augmentation fulgurante de la population de la ville. On parle de 15 millions de nouveaux habitants d’ici 2020, dans une ville qui en compte déjà 5 millions et auquel s’ajoutent les 8 millions de l’agglomération.
Extraits du forum :
« Salut!!!
Alors ce voyage, ce n'est pas pareil que l'île Maurice !
Moi, je suis 100% avec vous !
Vous faites des choses super bien !!!
a+ et surtout bonne chance !!!
PS: N'oubliez pas d'envoyer plein de photos !!! »
Jeffeurtitiboss
1 Frédéric Edelmann, La Chine achève le barrage des Trois-Gorges, dans Le Monde web, 22-05-2006
2 Chiffres tirés de : Wei-Wei, Le Yangtsé sacrifié, L’Aube, 2007.
Poursuite de lecture
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La Marche de l'eau - Etape 2 : Eau et santé, un combat partagé
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