La Marche de l'eau - Etape 2 : Eau et santé, un combat partagé
Sortie d’avion. Valse des médecins qui vérifient à notre arrivée à l’aéroport d’éventuels cas de grippe A, source d’inquiétude mondiale en ces moments de rentrée. Premiers pas en Inde et une bouffée de chaleur nous surprend : on a l’impression d’être arrivé dans un gigantesque sauna, mêlant désagréablement chaleur et humidité. Nos poumons passent et repassent cet air chaud et moite sans vraiment réussir à réaliser qu’ici c’est comme ça : il faudra s’y faire. En une demi-heure, la traversée des banlieues de Calcutta dans notre taxi jaune nous laisse entrevoir les problèmes d’hygiène et de santé : porcs sur les bas-côtés, ordures dans les rivières, décharges à ciel ouvert, et nuage ambiant de pollution. Notre cœur doit être bien accroché, que ce soit pour la conduite de chauffard sportif ou pour les scènes de misère défilant de l’autre côté de la fenêtre. La misère. Nous nous y attendions mais le choc est rude.
Dans les quartiers des bidonvilles
Notre rencontre avec toute l’équipe travaillant pour l’ID Hospital efface nos premières impressions. Ici, les chercheurs travaillent sur le choléra qui tue chaque année environ 100000 personnes dans le monde1 . Une maladie épidémique transmise par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Travail de recherche mais aussi de terrain. Nous découvrons tous les échelons de cette organisation. Ainsi, nous fait-on visiter un dispensaire au cœur de la ville. C’est ici que viennent se faire examiner les personnes des bas-quartiers, que les médecins détectent les cas de diarrhées et de choléra en prévention de toute épidémie. On nous présente « l’inspecteur des diarrhées » qu’avait décrit Erik Orsenna dans l’un de ses ouvrages2 . Cet homme rend visite aux familles des slums 3 une fois par mois depuis les premiers essais de vaccins. Quand nous découvrons les quartiers des bidonvilles, c’est la gaieté et la joie de vivre qui nous sautent aux yeux. « Ils sont très heureux de vivre avec ce qu’ils ont », nous confie le Dr. Sautun devant notre étonnement. Les gens que nous découvrons là bas sont joyeux, souriants à notre égard et fiers de leur travail. Potiers, forgerons, menuisiers, sculpteurs. Une mine de savoir-faire. Ici, il y a de la pauvreté. Mais pas de misère comme dans les autres quartiers de la ville.
En remontant la vallée du Gange
Nous remontons la vallée du Gange en train. Fleuve mythique considéré pour des millions d’hindous comme un symbole de pureté. Beaucoup d’Indiens viennent s’y baigner et s’y laver chaque jour. A Varanasi, les gens se bousculent pour faire incinérer leurs proches et ainsi voir leurs cendres se répandre dans les eaux du Gange ; passant selon leur croyance directement au Paradis. Ces rituels sont aujourd’hui confrontés à un grave problème, celui de la pollution. Tristement classé comme l’un des fleuves les plus pollués du monde, le Gange est aujourd’hui vecteur de nombreuses maladies. L’association Eco Friends se bat ainsi contre ses sources de pollution et tente d’instaurer le dialogue sur sa situation.
Dans le cadre de notre voyage, nous avons créé un partenariat avec l’association vendômoise Bidonvilles. Ainsi, leur projet « Bobo la Terre » s’est lancé dans la réalisation de bandes-dessinées inspirées du voyage. Pour découvrir les nombreuses autres aventures de « Bobo la Terre », rendez-vous sur leur site. Des dernières actualités aux campagnes de sensibilisation, Bobo la Terre nous emmène dans ses aventures pour « vivre autrement ».
Légende de la BD : Varanasi. Haut lieu de la culture indienne mais aussi du tourisme. Nous avons ressentis là-bas, un énorme malaise : devant nos yeux des centaines d’indiens faisant leur toilette et face à eux, des dizaines de touristes occidentaux armés d’appareils photos. Imaginez un peu un indien venant vous prendre en photo dans votre salle de bain … Drôle d’effet !
C’est au bord de ce même fleuve que nous commençons symboliquement notre marche, à Garhmukteshwar. Premier kilomètre d’une longue série. On ose à peine penser à ces milliers de kilomètres qui nous séparent du grand Lac Baïkal, point final de notre aventure. Pourtant, nous sommes déjà portés par les encouragements de toutes ces personnes croisées et qui croient en nous.
Extraits du Forum
« Bonjour, bonjour. Alors, nous avons appris que Nicolas avait peut être le palu. J’espère alors qu’il va bien se rétablir et qu’il ira mieux !!! Bon courage et à bientôt !!! » Prescillia
« Bonjour, j’ai su que Nicolas a peut être eu le palu. Alors je voulais savoir si Nicolas allait mieux. Bon courage à vous deux. » Zoé
Légende de la vidéo : Malgré nos précautions contre les moustiques, Nicolas fait une crise de paludisme un mois et demi après notre départ : crise de fièvre, défaillance du foie et diarrhées sont au programme. Il suit un traitement à Khatima (Inde) où le docteur nous assure que 95% de ses patients viennent pour suivre des traitements antipaludiques. La première des trois injections se passe plutôt mal : l'infirmier est brutal. Nous trouvons la solution en amenant les fois précédentes caméra et appareil photo.
1 selon une estimation de l’OMS (organisation mondiale de la santé).
2 Erik Orsenna, L’Avenir de l’eau : petit précis de mondialisation II, Fayard, 2008.
3 bidonville en anglais.
Poursuite de lecture
La Marche de l'eau - Etape 1 : Les préparatifs
La Marche de l'eau - Etape 3 : Une route pleine de rencontres
La Marche de l'eau - Etape 4 : Les contreforts de l’Himalaya
La Marche de l'eau - Etape 5 : Chengdu, une mégapole grandissante
La Marche de l'eau - Etape 6 : La Chine face aux catastrophes naturelles
La Marche de l'eau - Etape 7 : Tian’Anmen, une place chargée d’histoire
La Marche de l'eau - Etape 8 : L’épreuve du désert de Gobi
La Marche de l'eau - Etape 9 : Dans les steppes mongoles
