La Marche de l'eau - Etape 8 : L’épreuve du désert de Gobi

 

 

 

Plantés au milieu du désert, on se sent un peu ridicule avec nos larmes aux yeux quand, une nouvelle fois, nous venons à crever. Ce désert, on dirait vraiment qu’il ne veut qu’on le foule, qu’on y laisse notre sillage éphémère.
Quand il n’y a personne pour vous entendre, on se laisse plus facilement aller…

Des soirées inoubliables

Malgré les pleures qui accompagnent chacune de nos journées, nous retrouvons chaque matin la force de repartir. Car chaque soir, le désert de Gobi nous offre de magnifiques soirées : seuls au milieu de cette immensité ou chez l’habitant, elles sont toutes inoubliables. Ainsi, le premier soir, nous sommes invités chez Souol et Erdene. Dans leur petite maison au bord de la voie de chemin de fer, nous passons une soirée à découvrir l’album de famille, jouer à des jeux dans les magazines qui trainent en faisant attention à ce qu’Irina ne les déchire pas. La partie de basket miniature avec Uyanga à qui nous fêtons l’anniversaire ce soir là, laisse place à la dégustation d’un gâteau dont les plus grosses parts nous sont destinées. Nous apprenons pour l’occasion à trinquer « à la mongol » avec Coël-Argta, le grand-père, content d’avoir une occasion pour remplir quelques fois de plus son verre.
Une soirée simplissime mais inoubliable.

 

 

Extraits du forum :

 

« Bonjour ! Comment se passe votre voyage ?
Notre école le suit de très prêt !!! On est fier d’être partenaire !!!
Il n’y a pas eu de problème ?


Prévenez nous !
À très bientôt, j’espère !!! »
Adèle


Des arrêts

Nous ne voulons pas d’un deuxième arrêt, pourtant c’est bien ce qui nous arrive : avec ces 40 crevaisons ces 3 derniers jours, nous n’avons tout bonnement plus assez de matériels pour continuer. Nos chambres à air sont de véritables passoires, et le pot de colle ne nous assure qu’une autonomie de - tout au plus - 2 rustines, pour un stock de 5. Usés.
Ce deuxième arrêt est dur à encaisser, il n’est que matériel. La dernière fois, c’était à notre départ de Beijing. À peine quelques jours plus tard, nous découvrions ce qui accompagne chaque printemps de la région : le vent de Sibérie. Vent de Nord, Nord-Ouest, il amène un souffle ampli des sables du désert de Gobi, qu’il traverse avant d’arriver dans la région. Nous nous étions équipés en conséquence pour nous protéger le visage de cette poussière noire qui se déposait un peu partout, de ce vent qui asséchait la gorge. Pédaler était alors devenu rapidement inutile : les descentes n’allaient pas plus vite que les montées. Le temps nous pressait. Pas la peine d’insister.

 

 

 

 

C’est ce même vent qui est responsable des tempêtes de sables sur Pékin dont on entend beaucoup parler. Lors de ces évènements, une légère couche de sable se dépose sur la capitale et la qualité de l’air se dégrade à vue d’œil ! Le désert de Gobi est un mal qui guette la capitale chinoise. Aujourd’hui il avance à la vitesse fulgurante de 3km/an1 aussi bien aidé par l’avancée du désert due aux baisses de précipitations que par la dégradation des sols due à la pression croissante des activités humaines (surpâturage, agriculture, déboisement, etc.)2. La Chine s’est ainsi lancée dans un programme de reforestation pour créer une ceinture forestière visant à limiter l’avancée du désert ; dont de nombreux experts annoncent qu’il arrivera jusqu’aux portes de Béijing2.

 

 

1 Environnement : La Chine face à la désertification, sur www.chine-informations.com, le 04/11/2007.
2 Une grande « muraille verte » comme rempart au désert, dans Courrier International, du 25/10/2006.

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