La Marche de l'eau - Etape 6 : La Chine face aux catastrophes naturelles

Un grondement énorme. Des secousses.

5 h 36, réveil en sursaut

Même si c’est la première fois, on comprend très vite ce qui se passe. Un tremblement de terre. Montée d’adrénaline immédiate.
Quelques secondes où tout semble s’arrêter et aller vite. Quelques secondes de suspens dont certains détails sont gravés à jamais dans nos mémoires tandis que d’autres restent complètement flous. Quelques secondes pendant lesquelles nous restons la peur au ventre, sans une seule fois penser à ces consignes de sécurité si souvent rappelées.
Nous sortons, comme tous les Chinois, de la petite commune de Moxi. Les lumières sont allumées, les portes ouvertes. Il est 5 h 40. Devant la télé, au téléphone ou entre eux, ils discutent. Ici tout va bien, mais là-bas ? Nous sommes seulement à 250 kilomètres de l’épicentre du séisme du Sichuan qui a eu lieu de 2008. Il hante les esprits, ce terrible tremblement de terre qui a fait plus de 80 000 morts. Lors de notre passage dans la ville la plus touchée par la catastrophe, nous avions découvert un immense chantier bordé de préfabriqués et de quartiers aux immeubles délabrés attendant d’être détruits.

Une réponse rapide

Manque d’informations. Cette journée-là sera marquée par un nombre incalculable de « Oh p%$%n, un tremblement de terre » de notre part. Un balai incessant de voitures et de camions remplis de civils, militaires, policiers ou pompiers. Tout le monde se dirige vers le village où nous avons passé la nuit : les uns pour aider et les autres pour « voir le séisme ». Ce n’est que le lendemain matin, que nous comprendrons devant le journal télévisé que la petite commune de Moxi est l’épicentre. 5,1 sur l’échelle de Richter, 100 maisons détruites et 1 mort.
Nous retournons sur les lieux pour voir les dégâts de ce que l’on a vécu. Des tentes bleues d’un côté et de l’autre des maisons que les militaires finissent de détruire. Très vite, un policier nous demande de le suivre : la zone est interdite aux étrangers. Une après-midi passé au poste pour interrogatoire s’en suivra, ainsi qu’une expulsion du territoire. Ces quelque 20 minutes passées sur les lieux du séisme nous auront pourtant donné une impression d’un véritable savoir-faire des Chinois face à la catastrophe : beaucoup de personnel déployé (médecins, militaires, pompiers, etc.) et beaucoup de matériel distribué (couverture, tente, bols de nouilles instantanées).Qu’y a-t-il donc à cacher ?

Catastrophes naturelles en cascade

Quand nous quittons le Sichuan, les journaux parlent de la sécheresse qui touche la province ainsi que celle du sud-ouest de la Chine. En effet, en 45 jours passés ici, nous n’aurons essuyé pratiquement aucune pluie, connaissant par là même un des hivers les plus doux depuis de nombreuses années.
Aujourd’hui, ce sont les inondations puis les coulées de boue qui illustrent les reportages. La région était bien préparée : un sol sec pour les inondations et une instabilité des terrains très certainement aidée par les nombreux tremblements de terre pour les coulées de boue. On entend aussi parler du barrage des Trois-Gorges (et des nombreuses constructions similaires) qui effectue à cette occasion son grand test : pression de l’eau contre le barrage mais aussi gestion des inondations du Yangtzé qui avaient fait 4 000 morts lors des inondations de 1998. Ce fut à l’époque de sa construction l’un des arguments du gouvernement chinois.



Légende de la vidéo : Suite au séisme, nous nous retrouvons dans la rue, puis plus tard dans la journée au fil des kilomètres,nous rencontrons du monde qui nous donne petit à petit des informations. Le lendemain, nous retournons sur les lieux pour voir les dégâts causés par le phénomène qui nous avait réveillé à 5h36 ...

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