La Marche de l'eau - Etape 4 : Les contreforts de l’Himalaya
Est-ce le fait d’avoir quitté les plaines du Teraï avec sa route monotone et rectiligne sur plus d’une centaine de kilomètres ou le fait de se voir enfin avancer dans le paysage qui s’enfonce dans les contreforts de l’Himalaya, qui nous fait marcher si vite ? On ne le saura jamais. Mais une chose est sûre : sur cette route, nous avons des ailes. Malgré les montées, nous avançons au rythme agréable que les journées imposent. Debout vers 5 h du matin pour être sur la route un petit quart d’heure avant le lever du soleil. Nous nous évadons dans la marche, la tête perdue dans nos pensées et les yeux se régalant des paysages. On oublie un peu nos ampoules et autres maux. Le retour de la nature sauvage nous concilie parfaitement avec la marche jusqu’ici douloureuse. On avance moins vite sur la carte mais notre compteur défile : et oui, les lacets sur les petites échelles, ça ne se voit pas !
Bienvenue en région himalayenne.
Extraits du forum :
« J’ai trouvé un bon remède pour les ampoules : des bains de pied avec du sel.
J’explique ! Vous prenez une compresse (si vous en avez, je pense que oui). Bon, vous les trempez dans de l’eau bouillante. Puis vous attendez 2 à 3 secondes à l’air libre. Puis appliquez-le sur le pied. Faites ça 3 à 4 fois.
Ah oui, laissez la compresse 1 à 2 min sur la partie où il y a des ampoules. »
Warior41
« Coucou ! Comment ça va ? Avez-vous vu le Mont Everest et le Yéti ? On vous souhaite une bonne escale dans l’Himalaya. Bon courage !!! À dans deux semaines ! Bonnes vacances !!!!! » Cricri41
Du béton et des cailloux
Nos péripéties népalaises nous font avancer sur toutes les routes : celles qui supportent le va et vient incessant des camions et celles qui se résument à de simples sentiers sur lesquels les derniers véhicules se sont arrêtés il y a déjà une bonne centaine de kilomètres.
L’artère du pays et le fameux tronçon Pokhara-Katmandu, reliant les deux grandes villes du Népal. La circulation y est infernale mais pour autant c’est une 2x1 voie. Comme en Inde, la circulation se fait au son des klaxons qui redoublent à chaque lacet. Les voitures, bus et camions défilent à tout va, chacun allant de sa décoration personnelle, voyez plutôt par vous-même. (photo camion)
La route des himals, c’est celle que nous empruntons tout de suite après avoir quitté la plaine du Teraï. Elle monte et s’enfonce dans la chaîne himalayenne au rythme de lacets effrénés. Sur la route, nous ne cessons de penser au travail gigantesque qu’il a fallu abattre pour réaliser une voie dans une telle région topographique. D’ailleurs, la nature le rappelle : nos kilomètres sont rythmés par les reliques des glissements de terrain, véritables plaies béantes de la montagne. Nous rencontrons de nombreux népalais travaillant à sa restauration. L’effort est continuel et rythmé par la saison des pluies.
Les sentiers
Après une sympathique soirée à Saphebajar au rythme des chansons américaines que nous chante Ram, nous quittons la ville en emportant avec nous quelques sweets2 qui nous ont déjà régalés la veille. À peine 1 km et nous découvrons ce dont on nous parle depuis quelques jours : la route en construction pour Martadi. Et bien, elle n’est pas prête d’être terminée ! Au bout de quelques mètres, nous goûtons aux plaisirs malins de ce sentier : un pied de travers et Laure s’embourbe jusqu’au genou … Sur ce chemin, finis les voitures, bus ou autres extravagances : ici, tout le monde se déplace … à pied. Depuis nos pays occidentaux, il est bien dur de s’imaginer cela : rentrer au rythme des pas. Ainsi, nous parlons avec quelques étudiants rentrant chez eux pour les fêtes du Divali2 : ils doivent faire 2 jours de bus puis une journée de marche pour rejoindre leur village depuis la capitale, Katmandu.
Nos journées sur ces autoroutes pour piétons nous font faire des rencontres anonymes : simples gens sur la route dont les visages deviennent familiers à force de se doubler, les uns rattrapant les autres à chaque pause.
Malgré le dénivelé et les nombreux kilomètres : nous nous sentons bien.
Dans le cadre de notre voyage, nous avons créé un partenariat avec l’association vendômoise Bidonvilles. Ainsi, leur projet « Bobo la Terre » s’est lancé dans la réalisation de bandes-dessinées inspirées du voyage. Pour découvrir les nombreuses autres aventures de « Bobo la Terre », rendez-vous sur leur site. Des dernières actualités aux campagnes de sensibilisation, Bobo la Terre nous emmène dans ses aventures pour « vivre autrement ».
1 Gâteaux sucrés en anglais.
2 La fête du Divali ou fête des lumières : 5 jours de festivités durant lesquels pétards et cadeaux sont au programme. Les enfants passent de maisons en maisons en chantant pour demander de l’argent et ainsi s’acheter sucreries et pétards.
Poursuite de lecture
La Marche de l'eau - Etape 1 : Les préparatifs
La Marche de l'eau - Etape 2 : Eau et santé, un combat partagé
La Marche de l'eau - Etape 3 : Une route pleine de rencontres
La Marche de l'eau - Etape 5 : Chengdu, une mégapole grandissante
La Marche de l'eau - Etape 6 : La Chine face aux catastrophes naturelles
La Marche de l'eau - Etape 7 : Tian’Anmen, une place chargée d’histoire
La Marche de l'eau - Etape 8 : L’épreuve du désert de Gobi
La Marche de l'eau - Etape 9 : Dans les steppes mongoles
