La Marche de l'eau - Etape 7 : Tian’Anmen, une place chargée d’histoire

Les délices du quartier musulman de Xi’an qui hantent encore nos narines s’effaceront dans quelques heures à Yichang, ville sans charme particulier. Après une semaine de tourisme passée en compagnie de nos parents, nous continuons notre aventure. Yichang est le point de départ de notre route pour Beijing… à vélo. Et oui, nous troquons nos chaussures de randonnée contre des baskets, histoire d’économiser celles qui montrent les signes de fatigue des quelques 2 000 km déjà parcourues.
À bicyclette, c’est plus chouette ?
Avec ce nouveau moyen de transport, les distances rallongent. En une quinzaine de jours à peine, nos cuisses se font à l’effort demandé. En tout cas, c’est en bien moins de temps que nous nous rendons compte que les routes chinoises représentent un véritable danger. Bien que le trophée de la « pire circulation » revienne de droit à l’Inde, la Chine peut prétendre au podium (les pays asiatiques peuvent se bousculant pour le fameux prix). De plus, à vélo, nous faisons maintenant partie intégrante de cette circulation. Les routes les plus sûres sont finalement les plus grosses, car elles disposent d’une large piste pour tous les véhicules lents (ils sont nombreux) à côté des deux autres pour les voitures. Le tout dans chacun des 2 sens de circulation. Sur les plus petites, nous sommes tous sur la même route et les dépassements se font sans règle particulière : au final, une route se transforme facilement en une double voies si l’on se serre un peu. Ça semble évident.
Ainsi, devenons-nous des cyclistes « gueulards » envers tous ces véhicules qui ne réalisent pas la dangerosité de leurs actes. Les quelques scènes d’accident croisées sur la route nous rappellent à la vigilance. Rapidement, Nicolas n’hésite plus à donner des coups de pieds dans pare-chocs et portières pour ne pas se faire écraser, devenant expert en la matière. L’accablement nous prend quand, à nos bras levés en l’air signifiant d’un « Fais gaffe, tu fais n’importe quoi, là », les Chinois nous répondent par cet amical « coucou » de la main dont ils sont si habitués. Nous exagérons : se faire renverser n’est pas si dramatique que ça !

Des pavés chargés d’histoire
Malgré cela, il est agréable d’évoluer à la même vitesse que les Chinois qui se déplacent beaucoup à vélo (électrique ou non), en scooter ou avec d’autres petits véhicules. Nous sommes mêlés à la population durant ces matins où nous accompagnons les travailleurs vers la ville et ces soirs que nous passons entourés d’écoliers rentrant gaiement chez eux.
Aujourd’hui, nous arrivons à Pékin. La route s’élargit et les buildings poussent. Puis, tout à coup, plus de buildings mais des blocs larges et bas, une piste cyclable de 10 m de large et du vide. Des milliers de mètres carrés de vide en plein cœur de la capitale. À gauche, la place Tian’Anmen, histoire moderne de la Chine, à droite, la Cité interdite et son histoire ancienne. Et joignant les deux, le portrait de Mao. On n’y accordait pas d’importance particulière à cette place. Mais, y arriver marque en nous un sentiment difficile à exprimer. Nous nous étions projetés dans nos préparations jusqu’à Katmandu, le reste représentant un grand inconnu. La place Tian’anmen nous semble finalement familière pour l’avoir tant vue dans les livres d’histoire. Elle marque la fin d’une longue étape que l’on ne s’imaginait pas atteindre.
C’est peut être ça, ce sentiment, d’aller là où beaucoup de Chinois aimeraient se rendre, ceux dont les yeux s’illuminaient lorsque l’on disait qu’on montait jusqu’à la capitale. Peut-être qu’en arrivant sur cette place, nous transportions avec nous le rêve de quelques autres de fouler ces pavés chargés d’histoire.

Poursuite de lecture :
La Marche de l'eau - Etape 1 : Les préparatifs
La Marche de l'eau - Etape 2 : Eau et santé, un combat partagé
La Marche de l'eau - Etape 3 : Une route pleine de rencontres
La Marche de l'eau - Etape 4 : Les contreforts de l’Himalaya
La Marche de l'eau - Etape 5 : Chengdu, une mégapole grandissante
La Marche de l'eau - Etape 6 : La Chine face aux catastrophes naturelles
La Marche de l'eau - Etape 8 : L’épreuve du désert de Gobi
La Marche de l'eau - Etape 9 : Dans les steppes mongoles
