Ouverture des 2e rencontres nature et paysage "Les agricultures : avenir de nos villes ?"
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
C’est avec un immense plaisir que je réponds à votre invitation pour ouvrir les deuxièmes rencontres Nature et Paysage sur le thème « Les agricultures : avenir des villes ?! ».
Ce thème revêt une signification toute particulière pour moi en charge du Ministère de la Ville, mais aussi du Grand Paris, alors que je préside ce département rural qui m’est cher.
Avant toute chose, je tiens à féliciter le Conseil d’Architecture,
d’Urbanisme et d’Environnement du Loir-et-Cher pour l’organisation de ces deuxièmes Rencontres Nature et Paysage.
La qualité des nombreux intervenants va permettre un vrai débat et de réels échanges sur des problématiques plus que d’actualité.
Comme je l’ai évoqué lors de ma prise de fonction en tant que Ministre de la Ville, en charge du Grand Paris, « la politique de la ville, c’est comme la bicyclette. Une fois qu’on a appris à pédaler, on n’oublie jamais comment faire ».
On n’oublie jamais mais la discipline évolue.
Depuis Merckx ou Poulidor, les vélos ont bien changé : le carbone a remplacé l’acier, les matériaux sont plus légers, plus performants.
Et bien, il en est de même pour la ville.
Elle évolue et prend aujourd’hui en considération de nouvelles exigences qui tendent à repenser son organisation et ses performances tant énergétiques, qu’environnementales et de manière plus générale sociales.
Ces nouvelles exigences issues principalement de l’évolution législative,
en particulier avec le Grenelle de l’Environnement depuis 2007, sont venues modifier en profondeur la demande sociétale sur son cadre de vie.
La question du caractère durable de la ville s’est ainsi posée tant pour l’environnement que pour les solidarités humaines.
Comme le dit mon ami architecte, Roland Castro : « les grands ensembles sont des endroits où le lien social et politique est en grand désarroi.
A contrario, habiter dans un quartier en réseau avec les autres quartiers suscite un sentiment d’appartenance et favorise nettement le lien social et politique ».
Au travers du Programme national de Rénovation Urbaine, que j’ai la chance de poursuivre, et fort de mes nombreuses visites sur le terrain, je constate l’enclavement de certains quartiers : ni dans le cœur de la ville, ni dans la campagne mais parfois en jointure des deux.
Ce sentiment d’exclusion est partagé par les habitants ruraux.
Sur cette base, il convient de les rassembler et d’unir nos efforts pour prendre en considération leurs attentes et leurs besoins.
Il n’existe pas de solution miracle adaptée à tous les quartiers et à toutes les villes. Chaque Cité a ses particularités avec lesquelles il faut composer.
Plusieurs pistes de réflexion et d’expérimentations sont en cours et tendent à rapprocher la ville et la campagne.
Ces démarches, notamment au travers des jardins familiaux, des éco-quartiers et d’intégration de nouveaux espaces verts participent, au travers de l’initiative du Ministère de la Ville en matière d’éducation et de pédagogie, à faire découvrir aux villes le monde agricole.
Ainsi, le dispositif Ville Vie Vacances permet à certains enfants des quartiers de partir quelques jours à la découverte de la campagne et de ses richesses.
Une synergie n’est concevable qu’à travers un dialogue constructif où chacun apprend à redécouvrir l’autre et où les intérêts de tous sont préservés.
J’ai la conviction profonde que la réorganisation de nos villes ne peut s’effectuer qu’en fédérant « toutes les énergies pour réconcilier l’humain, l’agricole et l’urbain et pour rompre avec tout ce qui a conduit au cours des décennies passées à déshumaniser nos villes.
Le point de vue de l’homme est le seul point de vue qui vaille pour penser la ville ». (Parole d’Affranchi p. 179-180)
La ville doit être au service de l’homme ; protéger autant qu’elle accueille et permettre à chacun de se développer.
Il ne suffira pas de reconstruire le bâti. Il faudra faire de ces territoires des moteurs d’une croissance économique durable.
Que nos agriculteurs deviennent le moteur de la croissance et de la renaissance du sentiment d’appartenance de nos concitoyens.
Le chemin est long et difficile.
L’aboutissement de cette réflexion nécessite un engagement politique et humain sans faille.
C’est une réelle réorganisation de notre société que nous devons enclencher afin de rendre ses lettres de noblesse à nos villes et à nos campagnes.
Merci de votre attention et je souhaite plein succès à vos travaux.
