Prix du roman historique (Rendez-vous de l'Histoire)
Monsieur le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants,
Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Député,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers généraux,
Monsieur le Président de l’Université François-Rabelais de Tours,
Monsieur le Président Directeur Général du CIC Banque BRO, cher Michel MICHENKO
Madame le Président du Salon du Livre,
Monsieur le Directeur des Rendez-vous de l’Histoire,
Madame la Directrice de l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense, chère Isabelle GOUGENHEIM
Monsieur le Président du conseil d’administration de l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense,
Monsieur le Président du Centre Européen de Promotion de l’Histoire
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter à tous la bienvenue au Conseil Général pour la remise du prix du Roman Historique dans le cadre des 14ème Rendez-vous de l’Histoire.
Cette année encore les candidats ont été nombreux et le plateau très relevé.
Nous ne pouvons que nous en réjouir.
« Le roman est l’histoire du présent, tandis que l’histoire est le roman du passé. »
C’est par cette jolie formule que l’Académicien Georges DUHAMEL, prix Goncourt 1918, aujourd’hui quelque peu oublié dans les livres d’Histoire de la Littérature, dresse pied-à-pied Histoire et Roman.
Cette opposition caractérise tout particulièrement le roman historique, habité par cette sempiternelle question : où s’achève l’Histoire et où commence la fiction ?
Étrange objet, vraiment, que le roman historique !
Genre qui semble s’amuser à n’en être pas un.
Il possède le sens du détail et la rigueur de l’Histoire.
Il a la liberté et la puissance imaginative du Roman.
Il mue, se réinvente au gré des évolutions de l’art romanesque et de la discipline historique.
Il possède son identité propre mais refuse les frontières hermétiques du genre.
Il se présente enfin comme un génial touche-à-tout qui raconte mais ne s’en laisse pas conter !
Et justement, ces contradictions apparentes et ces ambigüités, vous semblez, cher Marc DUGAIN, les exploiter tout à votre avantage.
Pour le plus grand plaisir de vos lecteurs !
Chez vous, le Roman est autant l’Histoire du passé que du présent.
Et l’Histoire est avant tout le roman de l’Homme, qu’il soit d’hier ou d’aujourd’hui.
Ainsi, qu’il s’agisse du portait des gueules cassées, de celui de la Russie de Staline à Poutine, ou de la barbarie nazie « ordinaire » que vous décrivez dans « L’insomnie des étoiles » aujourd’hui primé, le roman est, pour vous, prétexte à Histoire comme l’Histoire est prétexte à roman.
Tout ceci pour servir un seul propos : sonder et interroger l’âme humaine.
On pourrait citer Milan Kundera quand il dit que « Le romancier n'est ni historien ni prophète : il est explorateur de l'existence ».
Vous avez choisi, Marc DUGAIN, l’Histoire comme vaisseau de vos explorations.
A défaut de trouver une définition vraiment satisfaisante du roman historique, au moins comprend-on, grâce à vos livres, son but premier : se servir de l’Histoire pour servir une histoire.
A moins que ce ne soit l’inverse ?
Vous retracez dans les pages bouleversantes de « L’Insomnie des étoiles », le destin tragique et souvent méconnu des victimes allemandes de la folie nazie.
Quand toute différence, toute faiblesse devait être niée, éliminée,
Quand des malades servaient de cobaye humain.
Et c’est aussi pour le souvenir et le respect de ces vies anéanties que la fiction historique existe.
S’adresser aux lecteurs comme vous le dites, « dans une perspective émotionnelle », pour impliquer le plus grand nombre.
Pour empêcher les gens de se dire, à l’instar de votre héroïne : « Comment ai-je pu oublier ? C’est inadmissible ».
Merci de nous aider, à votre manière, à ne pas oublier, à ne jamais oublier !
Avant de conclure, je tenais à remercier l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense, l’ECPAD, et tout particulièrement sa Directrice Madame Isabelle GOUGENHEIM pour ce nouveau partenariat qui fait suite à ceux de 2009 et 2010, et également pour la magnifique exposition sur la Chine Impériale que la plupart d’entre vous aura la chance de visiter à l’issue de la remise du Prix du roman Historique. Cette exposition présente deux fonds d’archives photographiques privées totalement inédits qui sont pour la première fois montrés au grand public ici au Conseil Général. Un grand merci donc à l’ECPAD et à son ministre de tutelle, Gérard LONGUET.
Je vous remercie.
