Fouilles archéologiques de la déviation de Contres

Dans le cadre de l’aménagement du troisième tronçon de la déviation de Contres

(RD122 – RD956) réalisé par le Conseil général de Loir-et-Cher, un diagnostic archéologique a été mené en janvier 2010. Il a permis de mettre en évidence deux occupations attribuables aux âges des Métaux. Le plus ancien, « Les fosses plates », est daté de la fin de l’âge du Bronze (du XVe au Ixe siècle avant notre ère), alors que le site des « Maisons rouges/Baldu » correspond à une occupation de la fin de l’époque gauloise (vers le Ier siècle avant notre ère).

Suite à la réalisation de ce diagnostic, le préfet de la région Centre, Direction régionale des affaires culturelles - service régional de l'archéologie, a prescrit deux fouilles afin d’approfondir les investigations.

 

« Les fosses plates »

Sur le site des « Fosses Plates », le plus ancien, une vingtaine de structures ont été mises au jour sur une superficie d’environ 500 m². Elles sont implantées en bordure d’une zone marécageuse correspondant à la plaine alluviale de la Bièvre. Elles sont dans un très bon état de conservation. Leur variété comme les éléments découverts permettent de privilégier une hypothèse en particulier : la présence d’une petite unité domestique (maison et activités liées) qui s’étend au-delà de l’emprise concernée par les travaux, avec peut-être une activité artisanale au sein de la sphère domestique (nombreux indices de vidanges de foyer et un silo) nécessitant une grande quantité d’eau, ce qui expliquerait la localisation du site.

 

« Maisons Rouges » et « Baldu »

Aux « Maisons Rouges » et « Baldu », plusieurs vestiges ont été repérés : des maçonneries, une mare et un fossé d’enclos. Ils attestent l’implantation d’un établissement rural dès la fin de l’âge du Fer, période qui marque le début de la guerre des Gaules. A cette époque, on voit apparaître le développement de gros

villages souvent organisés en quartiers bien différenciés (zones artisanales, résidentielles, cultuelles) qui jouent le rôle de pôles économiques et politiques.

Un important réseau de fossés a également été mis au jour. Il témoigne d’une organisation parcellaire. A l’intérieur, des éléments datés de l’époque moderne y ont été retrouvés, notamment des céramiques en grés à glaçure verte. Ce réseau ne semble pas avoir subi de modification majeure jusqu’au XIXe siècle, car il est encore visible sur le cadastre napoléonien de 1816.

 

L’intervention des spécialistes

Pour mieux comprendre l’environnement naturel du site dans lequel vivaient nos ancêtres (son impact sur l’implantation des habitants, les cultures et l’artisanat pratiqués et préciser la fonction des structures archéologiques), différents spécialistes interviendront pendant et après les fouilles : un palynologue (étude des pollens fossiles permettant de reconstituer le couvert végétal et le paysage), un géomorphologue (appréhension de l’évolution du paysage par l’étude géologique des sols) et un anthracologue (étude des charbons de bois permettant l’identification des essences d’arbre et des pratiques artisanales). Les mollusques (malacologie), les graines de fruits et céréales (carpologie) seront également étudiés.

Les observations, débutées le 7 mars dernier, se poursuivront jusqu’au début du mois d’avril 2011.

 

 

Fosse particulière (four semi enterré ?) avec aménagement des parois et du fond

© Yvan Pailler / Inrap

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